L'enjeu pour les concepteurs et les constructeurs : diviser par trois la consommation moyenne d'énergie primaire.
Rarement une réglementation du bâtiment aura fait couler autant d'encre. Annoncée dès 2005 puis entérinée par la loi de Grenelle 1, la nouvelle RT 2012 a finalement été publiée en novembre dernier après 2 années de concertation réunissant treize groupes de travail ainsi qu'une quarantaine de bureaux d'étude. Un temps de gestation finalement assez court compte tenu de la complexité des questions traitées et de l'ambition de ce texte applicable à partir du 28 octobre 2011 pour les bâtiments neufs des secteurs tertiaire et public (enseignement, accueil petite enfance). Contrairement aux précédentes réglementations qui visaient surtout à renforcer l'isolation des ouvrages, la RT 2012 devrait marquer une véritable rupture dans les modes constructifs. Avec ce texte, le bâtiment entre désormais dans une logique "performantielle", passant de l'obligation de moyens à celle de résultats au plan énergétique et thermique...
Conception bioclimatique.
Autre nouveauté fondamentale : l'apparition d'un coefficient Bbiomax qui prend en compte la qualité de la conception bioclimatique du bâtiment (accès à l'éclairage naturel, orientation...) ainsi que son isolation. Comparé à la précédente RT 2005, ce critère supprime la plupart des garde-fous technique : les valeurs de résistance thermique données pour les parois opaques ou les fenêtres ont ainsi disparu du texte. De même, le principe de comparaison des performances d'un projet à un bâtiment de référence a été abandonné et les exigences sont désormais exprimées en valeurs absolues. Si une plus grande liberté est laissée aux concepteurs, la RT 2012 maintient toutefois un certain nombre d'obligations sur les moyens à mettre en œuvre...
Pas de solutions toutes faites.
Autre enseignement : il n'existe pas de réponses toutes faites aisément reproductibles tant, à ces niveaux, les performances sont conditionnées par le site et le type d'occupation. Au plan constructif toutefois, le passage à la RT 2012 conduira à systématiser un certain nombre de solutions techniques...
La ventilation plus que jamais indispensable.
Côté équipements, la RT 2012 fera la part belle aux solutions de ventilation et de rafraîchissement. De fait, l'importance des charges internes dans le tertiaire (nombre d'occupants, bureautique...) ajoutée à la présence de larges surfaces vitrées (même protégées du soleil) pourraient rendre quasi inexistants les consommations de chauffage mais augmenter celles de climatisation...
Prime aux immeubles verts.
Dans le tertiaire, la donne pourrait toutefois être légèrement différente, les propriétaires ayant intégré dans leur raisonnement la valorisation patrimoniale et locative de leurs biens. Selon les rares enquêtes disponibles sur ce sujet, cette prime aux immeubles verts se traduirait d'un côté par une survaleur lorsque les marchés immobiliers sont tournés à la hausse, et de l'autre par une décote des immeubles non "verts" dans le cadre de marchés orientés à la baisse...
L'isolation thermique des bâtiments en réfection.
L'isolation des toitures est devenue une véritable valeur ajoutée, en particulier pour les bâtiments existants dont les travaux de réfection d'étanchéité des toitures sont l'opportunité d'améliorer le confort thermique.













